Accueil SE SOIGNER Prévention Protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » : attention danger !

Protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » : attention danger !

La multiplication des cas de complications graves consécutives à la consommation détournée de protoxyde d’azote (gaz hilarant) constitue une problématique majeure de santé publique dans la région, en particulier pour les jeunes adultes.  Au total, 11 cas ont été déclarés dans la région Hauts-de-France pour lesquels la consommation de protoxyde d’azote a engendré des atteintes neurologiques graves pouvant entraîner des paralysies.

Cartouches de protoxyde d’azote : un usage détourné aux conséquences graves pour la santé

Le protoxyde d’azote N²O, communément appelé « gaz hilarant » ou « proto », est un gaz comburant (se combinant avec un combustible), incolore, d’odeur et de saveur légèrement sucrées. Il est utilisé dans le champ médical, mélangé à de l’oxygène pour son action anesthésiante/analgésiante, ou dans le domaine culinaire, pour les siphons à chantilly.

Une augmentation significative de l’usage détourné de ce gaz est constatée en France, comme dans la région, en particulier par les jeunes en milieu urbain, en raison de son effet euphorisant. Les signes de son utilisation sont parfois visibles dans l’espace public avec la présence de cartouches métalliques dans lesquels ce gaz est contenu.

Le protoxyde d’azote est une substance en vente libre bénéficiant d’une bonne image parmi les jeunes. Son usage récréatif est une pratique connue de longue date et réputée sans danger.

Cette image est trompeuse et a pu conduire certains jeunes à adopter des consommations intensives de ce gaz. C’est cette utilisation qui provoque les atteintes neurologiques actuellement observées.

La consommation du protoxyde d’azote peut entraîner des conséquences sévères sur la santé, à la fois immédiates et en cas d’utilisation régulière ou à forte dose, notamment parce qu’il engendre un déficit en vitamine B12 :

  • Risques immédiats : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche, perte du réflexe de toux (risque de fausse route), désorientation, vertiges, risque de chute ;
  • Risques en cas d’utilisation régulière et/ou à forte dose : carence et/ou inactivation en vitamine B12 qui peut entraîner des atteintes de la moelle épinière et une anémie, des troubles psychiques.

Des dispositifs anonymes pour accompagner les consommateurs

Des dispositifs d’aide anonymes et gratuits sont à disposition des usagers, de leur entourage et du public en général.

  • Les Consultations jeunes consommateurs (CJC) proposent un service d’accueil, d’écoute, de conseil et d’orientation assuré par des professionnels des addictions, totalement gratuit et confidentiel. L’annuaire des CJC est disponible sur le site Drogues info service
  • Drogues info service propose par ailleurs une aide à distance.

Drogues info service invite également les utilisateurs de protoxyde d’azote à respecter les précautions d’usage suivantes :

  • Ne pas inhaler le gaz directement en sortie de cartouche : utiliser un ballon de baudruche pour inhaler et ainsi ne pas être brûlé par le froid
  • Éviter les prises trop rapprochées et penser à respirer de l’air pour éviter l’asphyxie
  • Ne pas répéter trop souvent les sessions de consommation et limiter les quantités consommées pour limiter les risques pour la santé et éviter de tomber dans un usage compulsif
  • Éviter d’être debout et ne pas conduire un véhicule lorsqu’on consomme cette substance.

Les professionnels de santé et collectivités territoriales confrontés à la problématique du protoxyde d’azote peuvent également contacter l’ARS à l’adresse suivante : ARS-HDF-PPS@ars.sante.fr.

L’ARS a par ailleurs débloqué fin novembre une enveloppe d’urgence de 200 000 euros afin d’appuyer les plans d’action portés par les collectivités.